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7%, le livre aussi… Nos inquiétudes…

 

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Ironie du sort ! Oiseau de mauvais augure, le dernier Télérama titre  « Et s’il n’y avait plus de libraires ? « . Lundi, le gouvernement lançait « un plan d’équilibre des finances publiques » qui va nuire à celui déjà précaire de la librairie… Sans concertation, la TVA sur les livres passera donc de 5,5% à 7 %. Vu de l’extérieur, ça n’a l’air de presque rien. Mais concrètement, ça peut vouloir dire ceci :

1/ immédiatement, les libraires vont réduire leurs recettes parce leur marge – si étroite qu’elle ne permet aucune souplesse – va quasiment disparaître,

2/ à court terme, des librairies indépendantes vont fermer, trop vulnérables et pas assez solides pour faire face à une situation déjà délicate,

3/ à court terme, les livres vont coûter plus cher, suite à la répercussion de la hausse par les éditeurs (ce sont eux qui fixent le prix du livre)…

L’air de presque rien, le gouvernement appuie sur la tête des libraires qui prennent déjà l’eau.

Pourtant, les difficultés des libraires n’avaient – semble-t-il – pas échappé au ministre de la Culture. ardent défenseur de la culture par le livre. En mai dernier, à l’occasion des 1ères Rencontres Nationales de la Librairie, Frédéric Mitterrand, à l’issue d’un discours appuyé de 49 mn, déclarait droit dans les yeux des »passeurs de livres » : « Soyez donc assurés une nouvelle fois et encore de ma détermination à vous accompagner aux côtés des autres acteurs de la chaîne du livre pour penser et construire ensemble l’avenir de la librairie ». Trois jours plus tard, à Bruxelles, le même Frédéric Mitterrand réaffirmait l’attachement de la France au taux réduit de TVA pour l’ensemble des biens et services culturels. Bien que les libraires ne soient pas des jobards, ils avaient de bonnes raisons d’y croire. D’autant que cette année, on fête les 30 ans de la loi Lang qui n’a pas failli depuis son vote. Prix du livre unique, défense de la lecture et protection de la filière… Le gâteau d’anniversaire n’a pas bon goût.

Le conseil des ministres était à l’agenda de Frédéric Mitterrand. Compte tenu de l’issue de la séance, les libraires se demandent s’il n’était pas plutôt aux champignons… Depuis lundi, nous nous inquiètons. Stupéfaits, nous réagissons à cette étrange absence de cohérence qui nous donne l’impression de marcher sur la tête.

La résistance s’organise. Le Syndicat de la Librairie Française a demandé d’urgence un rendez-vous au ministre. L’Ecla, agence du livre en Aquitaine, interpelle le gouvernement afin qu’il rassure l’ensemble des professionnels du livre et de la lecture. Vincent Monadé, directreur de MOtif (Ile-de-France), invoque une certaine idée de la France. Même Alexandre Bompart, pdg de la Fnac, s’insurge… 

A la fin du mois, le monde du livre de jeunesse se réunira à Montreuil. Un rendez-vous d’ampleur européenne. Cette année, le salon invite à lâcher les fauves… Dont acte.

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Cet article a 3 commentaires

  1. On soutient les fauves !

  2. Les sorcières c’est le moment de vous servir de vos pouvoirs. C’est vous qui racontez des histoires, vous n’allez pas vous laisser « conter fleurette » par des mangeurs de rêves.
    Il faut leur montrer à ses bachibouzouks que le livre et la culture en général fait parti des produits de première nécessité.

  3. Et comme disait si bien Jean Guéhenno :  » Un livre est un outil de liberté  » .
    Ah, si il savait ce qui se passe aujourd’hui en France … !

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