Avec l’histoire d’une petite sœur qui revendique le droit d’être une grande sœur, les éditions Cambourakis nous offrent une nouvelle pépite de la littérature scandinave : Quand j’étais grande, un album écrit par Jujja Wieslander, illustré par Emma Adbåge et traduit par Catherine Renaud.

« – Regarde, là c’est moi quand j’étais petite.
Avec papa et maman, au parc.
– Pourquoi je suis pas sur la photo ?
– Parce que tu n’existais pas. »
Deux sœurs. Une cadette et son aînée. La première ne tarit pas de questions. Mais où était-elle avant d’exister ??? La deuxième tente de fournir des réponses, mais elles laissent la plus petite toujours insatisfaite et toujours plus revendicative. Ce statut de plus petite qui n’est pas sur la photo parce qu’elle n’est pas née ou qui n’avait pas le droit de rester debout le soir est en fait très frustrant. Et si on inversait les rôles ? Et si c’était elle qui était la plus grande ? De pièce en pièce, d’activité en activité, les deux sœurs papillonnent dans la maison poursuivant une conversation tonique dans laquelle s’immiscent des questions existentielles et un amour infini ! Comme elles sont craquantes lorsqu’elles s’imaginent petites mamies faisant le cochon pendu…
« Je voulais écrire sur mon propre fantasme de petite sœur. Quand j’étais grande est un mantra, un jeu de rôle avec lequel j’ennuyais ma sœur aînée. » C’est donc avec une histoire de sororie que nous découvrons Jujja Wieslander, autrice suédoise renommée, traduite pour la première fois en français. Fantaisie à la fois légère et profonde, Quand j’étais grande est par ailleurs servie idéalement par le dessin d’Emma Adbåge, expressif et tonique. Une lecture à partager, pour rire et discuter entre frangins et frangines.

