Une curiosité de saison est arrivée à la fin du mois d’octobre. Une curiosité plus grande qu’une poire Conférence, mais aussi sucrée et goûtue. Le petit livre Quelle pomme es-tu pour rire des poires ? d’Alain Serres et Martin Jarrie, publié aux éditions Rue du monde, ravira les amateur·rices de pomologie et de poésie.



Un peu plus de 20 ans après leur rencontre dans Une cuisine grande comme un jardin, Alain Serres et Martin Jarrie se retrouvent à nouveau autour d’un délice à lire. Mais tandis que leur premier opus était plus haut qu’un tiers de mètre – il faut dire qu’il fallait y caser un jardin entier – Quelle pomme es-tu pour rire des poires ? fait la taille de la main qui cueille la poire. La balade a donc continué, et l’auteur a trouvé dans la collection de poires du peintre matière à composer. Pour commencer, il interpelle la pomme, qui se montre un peu facétieuse avec sa voisine (cousine, sœur, amie ?) la poire. Il n’y a pourtant pas de quoi se moquer, la poire a sa personnalité et Alain Serres se charge de nous le dire. Sur chaque poire peinte, il a décelé des paysages, des vies, des histoires. L’une garde des cicatrices (peut-être provoquées par l’archet lorsqu’elle était violoncelle). Une autre est en or ou rouge-gorge ou encore, mémoire du passé. Toutes sont importantes et singulières. Dodues, cabossées, solaires, sombres, vallonnées… elles sont sublimes, ces poires peintes par Martin Jarrie, et on ne cueillera plus jamais une poire sans la regarder sous toutes ses coutures et sans tenter d’en deviner le mystère.

