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Oh ! Des cadeaux ! Le nouveau Matin Minet, le nouveau Isabelle Simler et le nouveau recueil de La Collection

MATIN MINET, A L’INTÉRIEUR, Anne Herbauts, éditions L’école des loisirs.

Dehors, un manteau de neige a recouvert la forêt. Matin Minet et Hadek, le petit charançon, restent bien au chaud dans la maison-escabelle. Les jours se succèdent pianissimo, au rythme de leurs lectures (La Hulotte, Moby Dick, un Janosch, Babayaga, etc.) agrémentées de goûters au yogourt et aux cornichons de maman Doroté. Mais le dimanche, Matin Minet soupire : « Hadek, je crois que je m’ennuie. ». Hadek sourit, dépose un livre dans les mains de son ami. Le voyage commence… à travers l’histoire, la géographie, les fonds marins, à la découverte des oiseaux, des mythes, des saveurs. « C’est raconté dans les livres » dit Hadek. Dans tous ces livres qui nous nourrissent à l’intérieur et ouvrent des portes vers l’extérieur.

Avec finesse et gaieté, Anne Herbauts rend un hommage au livre et à cette merveilleuse façon de passer le temps qui construit des passerelles vers le monde et la connaissance. Un album-trésor à serrer tout contre soi.


LES IDÉES SONT DE DRÔLES DE BESTIOLES, Isabelle Simler, éditions courtes et longues.

C’est une couverture sans titre, sans nom d’auteur ni d’éditeur. Et pourtant, ces traits colorés, ondoyants, et même cette pupille, nous savons instantanément qu’ils nous viennent d’Isabelle Simler. Cette fois, l’autrice nous entraîne dans une époustouflante épopée à travers la vie fascinante et facétieuse des idées. Pour les représenter, elle a convoqué tout un bestiaire, rendant le propos vivant et incarné. On suit la course des bestioles, leur jeu de cache-cache, leur brusque disparition, leur passage fugace… Le texte et le dessin s’enlacent dans une danse graphique et chromatique. Le geste d’Isabelle Simpler est ample, il épouse le mouvement des idées, il accélère, s’emballe, puis ralentit, s’arrête net. L’épilogue nous offre des doubles pages d’une poésie profonde. Une chaise au cœur d’une prairie. C’est l’attente. On retient notre respiration. Et dans l’atelier de l’artiste, on ne sait plus qui tourne autour de l’autre. L’artiste autour de l’idée ? L’idée autour de l’artiste ? Enfin, l’idée est là, flamboyante et paisible à la fois, posée sur le carnet, enroulée sur elle-même, apaisée, apaisante. L’artiste peut se mettre au travail.

Cet album unique s’offrira autant aux enfants qu’aux adultes, tandis que sa lecture partagée fera naître… bien des idées.


PETITS PORTRAITS DE CHATS, collectif, éditions Grasset-Jeunesse (La Collection dirigée par Christian Demilly).


La Collection, dirigée par Christian Demilly, s’appuie sur une démarche créatrice singulière. Elle emprunte de beaux textes au patrimoine littéraire, les confie à des artistes qui les illustrent en respectant un cadre de contraintes de temps (une semaine) et de couleurs (3 ou 4 maximum). Après Petit Jardin de Poésie, Valse de Noël ou encore Le livre du trésor, ce sont cette fois 11 artistes qui se prêtent au jeu et illustrent des poèmes et des histoires consacrées aux chats.

Clémence Pollet – qui nous accueille en couverture – évoque une fable du 18ème siècle, où le chat se révèle vieux sage. Sous les pinceaux de Rébecca Dautremer, le chat Tybert (Le Roman de Renart) se fait dandy, affublé d’un costume 3 pièces et de chaussures pointues. Gérard DuBois s’est quant à lui emparé d’un sonnet oulipien de Jacques Roubaud, tout en humour et décalage (« quand on est chat on n’est pas vache »). Pas un chat qui ne ressemble à l’autre !

Chaque double page tisse un lien entre l’auteur et l’illustrateur·rice, tels le chat et son maître, s’occupant de trouver un juste milieu entre complicité et indépendance. Pour qui aime les chats, ce recueil imprimé sur un joli papier ivoire sera un ravissement et les fera ronronner de bonheur. Pour qui n’y a jamais vraiment pensé mais aime l’art et les mots, il sera une caresse littéraire et esthétique.

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