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Coup de cœur documentaire – De l’autre côté du Net, de Michèle Mira Pons, chez Actes Sud Junior

La rentrée scolaire est l’occasion d’échanger sur les pratiques numériques de nos enfants et ados (et sur nos propres pratiques !). Gwenaëlle recommande le documentaire De l’autre côté du Net, de Michèle Mira Pons, illustré par Walter Glassof, et publié chez Actes Sud Junior, qui sera d’une aide précieuse pour étayer la discussion, l’étayer de faits objectifs et tangibles, et proposer des alternatives pour un usage raisonné. Une lecture indispensable.

Internet est une révolution pour le partage de l’information et de la connaissance, comme l’a été l’imprimerie en son temps. L’autrice Michèle Mira Pons, autrice, réalisatrice et journaliste nous convie, dans ce documentaire pour la jeunesse, à regarder de l’autre côté du net. La part d’ombre de ce nouvel outil est vertigineuse, tout comme ses utilisations. Le documentaire est construit en deux parties, l’une traite de la pollution du net et l’autre de l’utilisation des données qui transitent par lui. 

Internet est utilisé quotidiennement par tout un chacun, le net sert à communiquer,  informer,  regarder, écouter, suivre les réseaux sociaux. 

LA POLLUTION DU NET
Internet est partout? mais sa pollution reste invisible pourtant « en  2019, l’univers numérique à consommé 50% de plus de Co2 que les avions  ». Cette pollution est due pour moitié à la fabrication des écrans et des batteries qui demandent l’utilisation de métaux et de terres rares. Ces matériaux aux propriétés technologiques exceptionnelles sont très difficiles à extraire et leur extraction très polluante. Les forêts et terres dont sont extraits ces matériaux sont détruites et deviennent inexploitables. Elle est également due à la mauvaise gestion de la fin de vie des appareils utilisés pour internet, les déchets sont mal recyclés voire non collectés.

« En France? 15% des Smartphones sont collectés pour le recyclage ». 

Michèle Mira Pons donne des pistes pour minimiser l’impact polluant de ces nouveaux outils de communication. Pour cela? elle préconise de changer nos habitudes et d’en limiter l’utilisation. Elle donne une douzaine de petites astuces à utiliser au quotidien (éteindre la nuit, basse résolution, éviter le 4G …), mais également des pistes pour agir collectivement en luttant contre l’obsolescence programmée par exemple ou en refusant les objets connectés dans les habitations. 

L’autrice met en garde également quant à la pollution des cerveaux, à la dépendance due aux applications qui sont conçues pour que l’on reste connecté le plus possible.

L’UTILISATION DES DONNÉES
Dans la seconde partie, elle fait le point sur les données personnelles qui transitent et qui sont utilisées par les GAFAM. Chaque fois que l’on utilise l’Internet, nos données sont collectées grâce à des trackers qui s’infiltrent sur nos navigateurs ou les applications utilisées dès leur ouverture. Grâce aux cookies, ces informations sont stockées et utilisées à notre insu. Les GAFAM revendent très cher ces données, c’est ainsi qu’ils s’enrichissent même sur des sites gratuits. Grâce aux algorithmes utilisés, les données récoltées permettent de vendre de la publicité ciblées, mais aussi de cataloguer les personnes, cela peut aller jusqu’à la surveillance, la manipulation d’opinion. Tous les objets connectés récupèrent de la même façon les données personnelles sans que l’on en ai conscience et sans notre accord. 

La loi Information et libertés de 1978 a été renforcée en 2018 par la RGPD (le Règlement Général de la Protection des Données). C’est une avancée pour protéger la vie privée mais ce n’est pas toujours facile d’utilisation. Les pistes sont brouillées pour que l’utilisateur ne s’en occupe pas. 

Là encore, Michèle Mira Pons donne des pistes pour contrer ces intrusions dans la vie privée. Des conseils que chaque individu peut mettre en place (choisir un système d’exploitation, installer des alternatives qui ne permettent pas aux GAFAM de prendre la main sur nos données), elle donne également des pistes pour agir collectivement, en soutenant des associations par exemple. 

DES ALTERNATIVES
Vous l’aurez compris ce documentaire pour la jeunesse est un documentaire à partager en famille. Il est riche en alternatives, mais également en suggestions pour en savoir plus. Comme tout va très vite? il faut rester vigilant et se documenter souvent pour ne pas perdre le fil. 

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